Masisi : la Chefferie des Bahunde interdit l’usage des ambulances pour le transport des dépouilles mortelles

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Dans une décision visant à préserver l’efficacité des services d’urgence sanitaire, la Chefferie des Bahunde, située dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, a officiellement interdit l’utilisation des ambulances pour le transport des corps sans vie, sauf autorisation exceptionnelle des autorités compétentes.

La mesure est contenue dans une correspondance officielle adressée au Médecin Chef de Zone de Santé ainsi qu’au Directeur de l’Hôpital Général de Référence de Kirotshe. Le document, signé le 8 mai 2026 à Bweremana par le chef de la chefferie Mwami Kalinda Miteetso II Gauthier, fait état d’un constat jugé préoccupant par l’autorité coutumière : l’ambulance affectée à l’HGR de Kirotshe serait régulièrement utilisée pour le transfert des dépouilles mortelles.

Selon la Chefferie des Bahunde, cette utilisation détourne les ambulances de leur mission première, qui consiste à assurer l’évacuation rapide des malades et des blessés nécessitant des soins urgents. Les autorités coutumières estiment que cette situation réduit considérablement la disponibilité des moyens de transport sanitaire dans une zone où les besoins médicaux restent importants.

Le document souligne également les conséquences sociales et psychologiques de cette pratique sur la population locale. Certaines femmes enceintes, rapporte la Chefferie, hésiteraient désormais à emprunter cette ambulance, qu’elles assimilent progressivement à un corbillard plutôt qu’à un véhicule de secours médical.

Face à cette situation, les responsables sanitaires concernés ont été instruits de mettre un terme immédiat à cette pratique. La Chefferie appelle également les structures médicales de la région à renforcer la sensibilisation du personnel soignant ainsi que des communautés locales sur l’usage approprié des ambulances.

À travers cette décision, l’autorité coutumière affirme sa volonté de garantir une meilleure gestion des ressources sanitaires disponibles et d’améliorer la prise en charge des urgences médicales dans cette partie du Nord-Kivu.

Abiël Bushoki

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