RDC : Journée de l’enseignant congolais au Nord-Kivu 3, le SYNAPE dénonce une “célébration au goût de cendre”

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Alors que la République démocratique du Congo commémore, ce jeudi, la Journée nationale de l’enseignant congolais, l’heure n’est pas à la fête pour de nombreux professionnels de la craie dans la province éducationnelle du Nord-Kivu 3.

Le Syndicat national des enseignants du Congo (SYNAPE/NK3) monte au créneau et fustige ce qu’il qualifie de « mascarade », dans un contexte marqué par des retards persistants de paiement des salaires.

À travers une déclaration rendue publique à Goma, le SYNAPE/NK3, par la voix de son secrétaire provincial et porte-parole des enseignants payés via Caritas, Bandu Bauma Exaucé, exprime une profonde indignation face à ce qu’il considère comme un contraste frappant entre les discours officiels et les conditions de vie réelles des enseignants.

« Aujourd’hui, les autorités multiplient des messages de reconnaissance pour saluer le noble métier d’enseignant. Mais dans nos foyers, c’est la précarité qui domine. Comment célébrer quand les poches sont vides et que la dignité est bafouée ? », s’interroge le syndicat.

Dans sa déclaration intitulée « Une fête au goût de cendre », le SYNAPE souligne l’ironie d’une célébration organisée alors que plusieurs enseignants accusent des arriérés de salaire. Pour ces derniers, cette journée censée être un moment d’hommage se transforme en rappel douloureux de leurs difficultés quotidiennes.

« Le ventre creux ne célèbre rien. Il est inacceptable que cette journée arrive alors que les salaires, fruit d’un labeur acharné, ne sont pas versés. On demande à l’enseignant de sourire pour la photo officielle, pendant qu’il s’inquiète du repas du soir », déplore Bandu Bauma Exaucé.

Le syndicat dénonce également un « mépris manifeste » des autorités envers les enseignants, estimant que les retards de paiement ne relèvent pas seulement d’un dysfonctionnement administratif, mais traduisent un manque de considération pour ceux qui portent le système éducatif.

Au-delà de la dénonciation, le SYNAPE/NK3 formule des exigences précises. En tête de liste : le paiement immédiat et intégral des salaires dus aux enseignants.

« Nous ne voulons plus de remerciements symboliques ni de promesses sans lendemain. L’éducation est la colonne vertébrale d’une nation ; briser l’enseignant, c’est compromettre l’avenir du pays », martèle le syndicat.

Pour ces professionnels, une véritable reconnaissance passe avant tout par des actes concrets, notamment la régularisation de leur situation salariale.

En cette journée symbolique, le message du SYNAPE/NK3 se veut aussi un appel pressant aux autorités congolaises à traduire leurs engagements en actions tangibles. Car, préviennent-ils, « une fête sans salaire n’est pas une célébration, mais une illusion ».

« Tant que l’assiette de l’enseignant restera vide, ses fêtes ressembleront à des jours de deuil pour la justice sociale. Respecter l’école, c’est d’abord respecter ceux qui la font vivre », conclut Bandu Bauma Exaucé.

Dans une province du Nord-Kivu déjà éprouvée par l’insécurité et les crises humanitaires, la situation des enseignants apparaît ainsi comme un enjeu crucial pour la stabilité et l’avenir de toute une génération.

La rédaction

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