Une situation humanitaire préoccupante secoue la chefferie de Ntambuka, dans le territoire d’Idjwi, au Sud-Kivu. Des milliers d’habitants de plusieurs villages, notamment Kilala, Mulamba, Mazina, Karama ainsi qu’une partie de Muhungwe, sont confrontés à une grave pénurie d’eau potable qui dure depuis plusieurs semaines.
L’alerte a été lancée par la société civile du groupement Nyakalengwa, qui tire la sonnette d’alarme face aux conséquences sanitaires déjà visibles dans la communauté.
Selon les acteurs locaux, l’absence d’eau potable contraint de nombreux ménages à recourir à des sources non protégées, augmentant ainsi le risque de maladies hydriques, telles que le choléra, les infections diarrhéiques et d’autres affections liées à l’insalubrité.
Le président du comité local de gestion de l’eau pointe du doigt la forte pression démographique exercée sur les infrastructures existantes.
« La population a considérablement augmenté ces dernières années, alors que les sources et les réseaux d’adduction n’ont pas été renforcés. Aujourd’hui, la demande dépasse largement la capacité des installations disponibles », explique-t-il.
Dans certains villages, les habitants parcourent de longues distances pour s’approvisionner en eau, souvent au prix de files d’attente interminables. Une réalité qui affecte particulièrement les femmes et les enfants, principaux chargés de la corvée d’eau, et qui perturbe la vie quotidienne ainsi que les activités économiques locales.
Face à cette crise jugée alarmante, la population de Ntambuka appelle à une intervention urgente des autorités provinciales, des services techniques de l’État et des partenaires humanitaires. Elle plaide pour la réhabilitation des ouvrages existants et l’extension des réseaux d’adduction d’eau potable, afin de prévenir une catastrophe sanitaire aux conséquences potentiellement dramatiques.
En attendant des solutions durables, les acteurs de la société civile exhortent également la population à observer des mesures d’hygiène de base, malgré les moyens limités, pour réduire les risques de propagation des maladies.
Abiël Bushoki
