La Société civile de la commune de Karisimbi tire la sonnette d’alarme face à de multiples irrégularités constatées dans la fourniture de l’électricité par la société Virunga Énergie dans plusieurs quartiers de la ville de Goma, notamment Kyeshero, Ndosho, Katoyi et leurs environs.
Ces faits préoccupants ont été officiellement portés à la connaissance des autorités nationales et provinciales, ainsi qu’à l’opinion publique.
Dans une déclaration rendue publique, cette structure citoyenne dénonce en premier lieu une modification unilatérale et injustifiée de la tarification de l’électricité. Alors qu’un crédit de cinq dollars américains permettait auparavant aux abonnés d’obtenir 23,5 kWh, la même somme ne donne désormais droit qu’à 20 kWh, soit une perte de 3,5 kWh au détriment du consommateur.
Une pratique jugée opaque et contraire au principe de transparence, en violation de la loi n°14/011 du 17 juin 2014 régissant le secteur de l’électricité en République démocratique du Congo.
Par ailleurs, la Société civile de Karisimbi déplore une instabilité persistante du courant électrique, communément appelée « jeu de lumière », observée depuis plusieurs jours. Cette situation aurait provoqué la détérioration de nombreux appareils électroménagers dans les ménages touchés, engageant ainsi la responsabilité directe du fournisseur d’électricité, selon la société civile.
Autre irrégularité dénoncée : l’imposition arbitraire d’un taux de change de 2 500 francs congolais pour un dollar américain par certains revendeurs affiliés à Virunga Énergie, sans référence à un taux officiel en vigueur. Une pratique qualifiée d’abusive et illégale, qui alourdit davantage la charge financière d’une population déjà confrontée à une précarité socio-économique aiguë.
La Société civile fustige également le retard chronique dans les interventions techniques, ainsi que la défaillance prolongée de l’éclairage public, pourtant sous la responsabilité de Virunga Énergie. Cette situation expose les habitants à une insécurité accrue durant les heures nocturnes, constituant un manquement grave aux obligations de service public.
Face à la répétition de ces dysfonctionnements, la Société civile de Karisimbi dénonce un mépris persistant des plaintes formulées par la population, traduisant une négligence grave et un net recul par rapport aux engagements initiaux pris par la société concessionnaire.
Des exigences claires adressées aux autorités
En conséquence, la Société civile de Karisimbi exige notamment :
l’ouverture immédiate d’une enquête administrative et technique indépendante sur les pratiques de Virunga Énergie ;
le rétablissement d’une tarification légale, transparente et équitable ;
la stabilisation urgente du courant électrique, ainsi que l’examen de mécanismes d’indemnisation en faveur des victimes ;
la cessation immédiate des pratiques illégales liées au taux de change et aux interventions techniques payantes ;
la réhabilitation ou le remplacement de l’éclairage public défectueux ;
l’application rigoureuse des sanctions prévues par la loi en cas de manquements avérés.
La Société civile rappelle enfin qu’il ne saurait être question de surcharger davantage la souffrance d’une population déjà traumatisée, frappée par le chômage, l’insécurité et une crise humanitaire persistante. Elle se réserve le droit d’engager toute action citoyenne, administrative et judiciaire prévue par les lois de la République démocratique du Congo afin de défendre les droits des consommateurs.
Abiël Bushoki
